CHATELARD (le), section de la commune de la Chapelle-du-Châtelard. De Castellario, de Castellari, Le Chastélord-en-Bresse.

La seigneurie du Châtelard dépendait originairementdu patrimoine des anciens sires de Villars, auxquels succédèrent les sires de Thoire en Bugey. Vers 1200, Humbert II, sire de Thoire-Villars, en prit le château-fort en fief de Renaud de Forez, archevêque de Lyon.

En 1383, Humbert VII de Thoire-Villars l’engagea, avec toute la seigneurie, pour 600 florins, à Pierre de Montferrand, qui transmit ses droits à Jean, son fils. Ces droits passèrent ensuite à Lyonnet, puis à Georges de Francheleins, et, enfin, le 26 septembre 1427, à Jean d’Inteville.

Le 8 novembre 1394, le même Humbert VII donna la jouissance viagère du Châtelard à Isabelle d’Harcourt, son épouse, jouissance qu’il réserva d’une manière expresse dans la vente qu’il fit, le 11 août 1402, à Louis II de Bourbon, de la plus grande partie de ses terres. Le Châlelard était une des résidences favorites d’Isabelle, aussi ne l’oublia-t-elle pas dans son testament, daté du 20 novembre 1441. Elle lui légua 600 florins « afin de marier de pauvres filles pucelles et enfants pupilles et afin de relever de pauvres femmes gisantes. » Elle voulut de plus qu’on y continuât l’aumône générale qui se faisait à tous les pauvres se présentant à la porte du château, « et qu’on donnast à chaque personne un quartier de pain de seigle et une toilette de vin, un tron de poisson et une escueille de faives, et que le Jeudi-Saint on eust à distribuer douze asnées de seigle, trois bottes de vin, quatre cens de poissons pris à son estang et sept bichets de faives, à la mesure de Chastillon, avec du sel, de l’huile el des oignons. » Cette fondation d’aumônes fut réunie, en 1686, aux revenus de l’hôpital de Trévoux.

Cassini – Le château est situé au lieu-dit Châtelard, au sud de La Chapelle du Châtelard et exactement à l’ouest de Marlieux (en bas à gauche)

Immédiatement après la mort d’Isabelle d’Harcourt, arrivée le 16 avril 1443, Charles de Bourbon, souverain de Dombes, prit possession du Châtelard, y installa un capitaine-châtelain et en fit le chef-lieu d’une châtellenie. Le 3 janvier 1454, il fixa à 30 livres les gages de ce capitaine.
En 1460, 500 hommes des garnisons de Bourg, Bâgé, Pont-de-Veyle. et Pont-de-Vaux,marchant sous la bannière du duc de Savoie, vinrent, avec de l’artillerie, attaquer le Châtelard. Ils réussirent à s’emparer du bourg qu’ils saccagèrent, mais ils furent contraints, après plusieurs assauts, de se retirer sans avoir pu se rendre maîtresdu château qui résista à tous leurs efforts.

Le 24 mars 1461, Jean II, duc de Bourbon, céda,en échange de la baronnie de Roussillon, la seigneurie du Châtelard à Louis, son frère naturel, qui en prit possession le 4 mai de l’année suivante. Catherine de Bourbon, fille de Louis, l’habitait en 1467. Un ancien compte, rap- porté par Aubret, nous apprend qu’elle y tomba malade cette même année et qu’on la transporta « sur une charrette » auprèsde sa soeur, à Sèreen Bourbonnais. On avait acheté à Lyon « cinq aunes de drap noir, pour lui faire une robe 2 manteaux d’agneaux noirs, pour fourrer cette robe….. et 3 autres peaux d’agneaux noirs, pour en faireles poignets et le collet. »

En 1487, le Châtelard était possédé par la famille de Lévis. Le 26 octobre de cette même année, Antoine de Lévis, comte de Villars, le transporta à Pierre II de Bourbon, en échange de la terre de Saint-Marcelin.

Lors de la défection du connétable de Bourbon, le Châtelard fut saisi et livré à des engagistes. Louise de Savoie, devenue souveraine de Dombes, le retira de leurs mains, le 10 septembre 1529, pour le donner, le 16 novembre de l’année suivante, à Anne, comtesse de Tende et de Villars, sa belle-soeur. En 1543, il fut vendu, avec clause de réméré, à Jean de Cléberg, seigneurde Champ, qui fut remboursé peu de temps après sa prise de possession.

Le 25 septembre 1591, le duc de Nemours, devenu maître de la Dombes, à la faveur des troubles de la Ligue, le donna au chevalier d’Urfé, qui le conserva pendant près de trois ans. A peine ce château était-il rentré sous l’obéissance du duc de Montpensier, qu’il fut attaqué (octobre 1594) par Joachim de Rye, marquis de Treffort, gouverneur de Bresse, marchant, au nom du duc de Savoie, à la tête de 2,500 Bressans. Valeureusement défendu par Jean de Chailly, châtelain de Trévoux, tué sur la brèche, il ne succomba qu’après plusieurs assauts. Irrités de la résistance qu’ils avaient rencontrée, les vainqueurs le ruinèrent de fond en comble. Le bourg subit le même sort. Toutes ses maisons furent incendiées et tous ses habitants, sans respect pour l’âge et le sexe, passés au fil de l’épée. Le 18 août 1598, lorsque les envoyés du souverain de Dombes vinrent visiter le Châtelard, ils n’y trouvèrent, dit Aubret, « qu’un seul homme tout défiguré, qui leur dit qu’il était resté seul au Châtelard, qu’il y vivait d’herbes,qu’il avait été battu et maltraité plusieurs fois par les Savoyards qui avaient pillé et ruiné toute la châtellenie Tout ce qu’on put rassembler des anciens habitants fut le nombre de cinq. » Afin de remédier autant que possible aux désastres irréparables que le Châtelard avait éprouvés, Henri de Bourbon-Montpensier affranchit, pour un an, les habitants de la châtellenie des droits de main-mortes,cens, services, laods et mi-laods.
Au mois de mars 1726, Louis-Auguste de Bourbon, duc du Maine, prince souverain de Dombes, qui venait d’ériger (février 1726) en fief la maison de Clerdan, en faveur de Claude- Catherine Penet de la Massonnière, à raison de services personnels « et dans la vue de récom- penser en sa personne les services que le feu sieur Decourt, son allié, avait rendus à S.-A. pendant qu’il a eu soin de son éducation, » donna « audit sieur Penet les fonds et propriétés de l’ancien château du Châtelard, consistant en une masure, quelques tours délabrées, clôtures, cours, emplacement, élévation de terre (poype), où sont encore les débris du vieux château…., sans rien réserver que la foi et hommage, » et érigea « la terre de Clerdan en dignité, nom, titre de comté, auquel il unit les domaines et dépendances et les justices hautes, moyennes et basses des paroisses de la Chapelle et Beaumont, et partie de celles des paroisses de Romans et Percieu, pour en jouir, le dit Penet et ses descendantsen légitime mariage, sous le titre, nom et dignité de Comté du Châtelard, » avec les mêmes droits et prérogatives que les autres comtés de la souveraineté.
La famille Penet posséda ce comté jusqu’à la Révolution.
Il ne reste plus aujourd’hui, de l’ancien château du Châtelard, que la poype et quelques pans de murs.
V. ObituariumLugd. eccles., p, 156.
Aubret,Mémoires, t. I, II et III, passim.
Guichenon,Dombes, t. Ier, p. 65 et 103.
Bibliot. Dumbensis, p. 207, 301, 303, 364, 369, 529.
J. Baux, Sist. de la réunion de la Bresse à la France, p. 201..

La Seigneurie du Châtelard en Dombes

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