Un homme revêtu du costume des nobles au quatorzième siècle et coiffé d’un chaperon à volets. Il joue aux échecs avec une jeune fille vêtue en riche bourgeoise du temps; au bas est écrit : Edouard, prince de Beaujeu, jouant aux échals (sic) avec la fille de la Bessée. Voici ce que dit à ce sujet l’auteur du livre : Cette famille de la Bessée fut encore en considération auprès d’Edouard, dernier seigneur de la maison de Beaujeu , jusque-là qu’une fille de la Bessée fut assez heureuse de mériter les bonnes grâces de ce prince ; en sorte que bien souvent il se plaisoit à jouer aux échets avec elle, ainsi qu’il  paroît dans des anciennes vitres de la maison de la Bessée; et comme la figure est curieuse par la rareté des habits de ce temps-là.

D’après Ferdinand de la Roche dans Histoire du Beaujolais

Vitrail Edouard de Beaujeu et Mlle de la Bessée jouant aux echecs

Les événements qui suivirent étaient certes de nature à être rapportés, car la passion d’Edouard pour Mlle de la Bessée fut la cause de la perte de la maison de Beaujeu, et amena pour la province un changement de dynastie en faisant passer la couronne baronniale du Beaujolais sur la tète de Louis II de Bourbon. Reprenons donc le récit du chroniqueur où il la laissé. Edouard de Beaujeu avait effectivement distingué Mlle de la Bessée, et en était devenu éperdument amoureux. Il allait la voir fréquemment chez son père, un des hommes les plus considérés de la ville. »

Celle famille de la Bessée était des plus anciennes du Beaujolais ; elle y tenait le premier rang parmi la bourgeoisie dès l’an 1200, à une époque où ce titre de bourgeois comportait un véritable état dans la hiérarchie sociale. On voit des la Bessée dans toutes les charges municipales et de judicatures , dans les chapitres de Beaujeu , de Joug-Dieu , etc. On est fort incertain sur l’époque où ils acquirent la noblesse, tout porte à croire que ce fut peu après la catastrophe dont nous avons parlé. Cette famille s’est éteinte au commencement du dix-septième siècle. La maison qu’elle possédait à Villefranche existe encore, et a conservé un cachet de moyen-âge fort remarquable ; son propriétaire actuel, M. Bonnefond, notaire, conserve avec grand soin ces vestiges d’une époque intéressante pour l’art. Au-dessus de la porte d’entrée on voit l’écusson de la Bessée, avec le casque, les lambrequins , etc. : il est fort beau comme composition et magnifiquement fouillé. Il a malheureusement un peu souffert des injures du temps, et plus encore de celles des hommes. Je le crois de 1550 environ. La Bessée portait pour armes : Fascé de gueules et d’argent de 8 pièces, au lion du second émail , brochant.

Reprenons…

« Ces visites, souvent répétées auraient dû éveiller les soupçons de Guyonnet de la Bessée ; mais ici, comme il arrive presque toujours, la vanité l’emporta sur la prudence, et le père s’aveugla sur les dangers que pouvait courir sa fille avec un homme aussi dissolu qu’Edouard : il ne larda pas à se repentir de cette faiblesse. La passion d’Edouard grandissait chaque jour, elle ne connut bientôt plus de bornes. Après avoir épuisé tous les moyens de séduction, il employa la violence, enleva publiquement M » » de la Bessée au moment où elle revenait de la messe, et la conduisit à son château de Pouilly.

Guyonnet de la Bessée, premier échevin de Villefranche, arma les habitants de la ville , se mit à leur tête et tenta une attaque sur le château de Pouilly. Les bourgeois furent repoussés. Guyonnet en appela à la justice du roi; Edouard fut assigné à comparaître devant le Parlement. L’huissier qui lui apporta l’assignation fut tué, après avoir souffert les plus horribles tortures. Des troupes furent envoyées contre Edouard, qu’on transféra à Paris où il fut enfermé dans un cachot. Peu après, il se trouva trop heureux de racheter sa tête en faisant abandon de toutes ses seigneuries à Louis II de Bourbon qui, à ce prix, lui obtint sa grâce. Guyonnet de la Bessée reçut, à titre de réparation, la seigneurie de St-Georges-de-Rogneins. L’histoire non plus que la tradition ne nous apprennent rien du sort de M » de la Bessée. Guichcnon, Louvet et quelques autres historiens parlent assez longuement de la révolution qu’éprouva la province par suite de ce rapt. J’en ai donné les détails en son lieu. Le court récit qu’on vient de lire a peu de rapports, on en conviendra, avec ce que rapporte l’auteur des Mémoires.

Edouard de Beaujeu – affaire la Bessée
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